Est-ce la révélation de trop, celle qui coûtera la tête à Michael Waltz, le conseiller à la sécurité nationale au sein de l’administration Trump ? En tout cas, le Washington Post vient de remettre une pièce dans la machine, avec un article détaillant l’emploi de Gmail par son équipe, et cela pour des échanges gouvernementaux, y compris sensibles.
Dans un sujet paru le 1er avril 2025, le quotidien américain montre que ce haut responsable a utilisé le célèbre webmail de Google dans le cadre de ses activités professionnelles, incluant des échanges d’emplois du temps et de documents de travail. Des informations « potentiellement exploitables » par des tiers malveillants, relève le journal.
Mais il y a plus grave : des membres de l’équipe de Michael Waltz ont aussi utilisé cette messagerie « pour des conversations très techniques avec des collègues d’autres agences gouvernementales concernant des positions militaires sensibles et des systèmes d’armement puissants liés à un conflit en cours », selon des courriers vus par le Washington Post.

L’imprudence d’une partie du staff apparaît nettement plus prononcée que les torts imputés à Michael Waltz — l’article parle « d’informations moins sensibles » qui ont transité sur sa boîte Gmail personnelle, en comparaison. Selon son porte-parole, l’intéressé « n’a pas envoyé et n’enverrait pas d’informations classifiées sur un compte ouvert. »
Principal webmail utilisé dans le monde, Gmail est une cible très régulière pour toutes sortes d’attaques informatiques — les plus simples à mettre en œuvre étant les campagnes de hameçonnage (phishing) pour dérober des données personnelles ou des éléments critiques (identifiant de connexion, mot de passe, code de carte bancaire…).
Si Gmail n’est pas ouvert aux quatre vents (les mails sont chiffrés quand ils circulent sur la toile et sont chiffrés au repos, sur les serveurs de Google, et l’authentification à deux facteurs est disponible), la plateforme ne fournit pas de chiffrement de bout en bout par défaut, ce qui serait préférable. Malgré tout, les lignes bougent, avec des améliorations régulières pour réduire les risques.
Une nouvelle affaire qui éclate juste après le SignalGate
Il n’en demeure pas moins que l’usage d’une messagerie commerciale pour des échanges gouvernementaux fait tache, surtout pour une équipe qui cherche à démontrer tout le sérieux et le professionnalisme dont elle fait preuve par rapport au précédent gouvernement. Elle tombe en tout cas mal, car l’affaire du « Signalgate », qui a impliqué d’autres hauts responsables, est encore dans toutes les têtes.
Dans cette histoire, Michael Waltz avait invité par erreur un journaliste dans une boucle de discussion sur la messagerie instantanée Signal, qui propose du chiffrement de bout en bout. Le journaliste a alors pu découvrir la présence de discussions sensibles sur des opérations militaires et des plans de frappe contre des milices au Yémen.
Au sein de cette boucle, on retrouvait le vice-président JD Vance, le ministre de la Défense Pete Hegseth, son collègue aux affaires étrangères Marco Rubio, le patron de la CIA John Ratcliffe, la cheffe de cabinet Susie Wiles, la directrice du renseignement Tulsi Gabbard, le conseiller Stephen Miller et l’envoyé spécial au Moyen-Orient Steve Witkoff.

Quelles conséquences après cette autre révélation ?
Évidemment, ce rebondissement remet sur le devant de la scène l’affaire qui avait percuté Hillary Clinton, ex-candidate Démocrate malheureuse à la présidentielle de 2016. Celle-ci s’était aussi retrouvée dans une tempête médiatique et politique quand elle était en fonction aux affaires étrangères, pour avoir aussi utilisé une boîte mail personnelle.
À l’époque, les Républicains l’avaient ciblée des mois durant. Donald Trump avait même appelé à la jeter en prison. Une intransigeance qui, sans grande surprise, est portée disparue dans l’affaire du SignalGate, en tout cas du côté des Républicains. Rien n’indique que l’article du Washington Post va influer sur leur position, car c’est leur camp qui est en difficulté, cette fois.
La procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, a d’ailleurs suggéré qu’il est improbable que le SignalGate fasse l’objet d’une enquête criminelle. Elle a d’ailleurs tenté une déviation typique du Whataboutism lors d’une prise de parole, le 30 mars, en invitant le public à se scandaliser plutôt sur l’affaire des mails de Hillary Clinton, entre autres. Le ton est donné.
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