Après la découverte archéologique faite au Moyen-Orient, c’est au tour de la Chine de remettre en cause une théorie historique bien installée, et ce, grâce à un simple outil : un grattoir de Quina.
Trouvé sur le site de Longtan dans le sud-ouest de la Chine, ce grattoir date d’il y a environ 50 000 à 60 000 ans. Là où cette découverte est étonnante, c’est qu’il s’agit une technologie utilisée en Europe à cette période, mais que l’on pensait jusqu’alors inconnue en Asie de l’Est. L’équipe de chercheurs internationaux, venant, entre autres, de l’Université de Washington et divers instituts chinois, a publié leurs résultats dans une étude dans la revue PNAS, ce 31 mars 2025.
Un grattoir Quina, c’est quoi ?
Ben Marwick, co-auteur de l’étude, décrit le grattoir Quina, dans un article de The Conversation, comme étant « assez épais et asymétriques, avec un bord de travail large et net qui montre des signes clairs d’utilisation et de réaffûtage plusieurs fois ». Il servait donc à couper et à gratter des parties molles des animaux, comme la viande ou la peau, et des parties plus dures comme les os ou le bois.

Le chercheur explique : « Les archéologues européens pensent que les grattoirs Quina ont été inventés pour répondre aux besoins des chasseurs très mobiles vivant dans des climats frais et secs. Ces chasseurs se concentraient sur les proies migratrices saisonnières telles que les rennes, les cerfs géants, les chevaux et les bisons. »
Une remise en question des croyances passées
Ce qui fait sensation dans cette découverte, c’est qu’il s’agit de la première fois que l’on découvre une technologie datant du Paléolithique Moyen ( qui prend place entre –300 000 à –40 000 avant notre ère) en Chine.
Jusqu’à présent, ce genre d’outils n’était connue qu’en Europe et au Moyen-Orient et les archéologues pensaient que les peuples d’Asie de l’Est « ont complètement sauté le Paléolithique moyen » et donc, que « les habitants d’Asie de l’Est ne se sont tenus qu’aux outils les plus élémentaires qui sont restés inchangés pendant des milliers d’années ».

Il y a donc deux explications qui se dégagent pour expliquer cette découverte :
- soit les habitants de cette région l’ont inventé à la même période que ceux d’Europe. Il faudrait alors trouver un site archéologique avec des couches plus anciennes encore qui contiendraient « ce qui ressemble aux vestiges d’expériences dans la fabrication d’outils en pierre qui aboutiraient éventuellement à des outils Quina ».
- soit, comme l’explique le communiqué de l’Université de Washington : « si Quina apparaît sans aucun signe d’expérimentation, cela suggère qu’il a été transmis par un autre groupe »
Les chercheurs espèrent aussi pouvoir trouver de l’ADN lors de futures fouilles, en parallèle du grattoir de Quina. En effet, ici, il n’y avait pas de traces d’ADN ou de restes humains et il était donc impossible de déterminer quelles espèces est à l’origine de cet outil.
« Cela aurait pu être des humains modernes comme nous. Mais cela aurait aussi pu être des Néandertaliens. Considérant que la technologie Quina en Europe est directement associée aux Néandertaliens, cela semble probable », explique Ben Marwick dans The Conversation. « Mais il pourrait aussi s’agir de Denisovans, une espèce éteinte similaire aux humains modernes trouvée à cette époque en Sibérie, sur le plateau tibétain et le Laos, ou même une nouvelle espèce humaine qui n’a jamais été vue auparavant. »
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