L’armée de l’air a conduit un scénario nécessitant une interception d’un avion de tourisme qui constituerait un risque pour Ariane 6 et le centre spatial guyanais. Des avions de combat Rafale ont été engagés pour l’occasion.

C’est un petit avion de tourisme, type Cessna, qui en apparence semblait tout à fait inoffensif, mais son pilote à bord a eu la fâcheuse tendance à se rapprocher d’un peu trop près du centre spatial guyanais. Suffisamment, en tout cas, pour déclencher une alerte dans le spatioport européen et l’engagement de moyens aériens à des fins d’interception.

Un évènement aérien qui a, fort heureusement, connu une fin heureuse. Et pour cause : il ne s’agissait que d’un simple exercice militaire, destiné à préparer les forces armées guyanaises à l’éventualité d’un aéronef pouvant représenter une menace pour la base de lancement des fusées Ariane. Pour ce scénario, des hélicoptères et des chasseurs Rafale ont été mobilisés.

L’armée de l’air et de l’espace a partagé des photographies de l’exercice, ce 27 février 2025. On peut voir l’avion suspect se faire accompagner par deux avions de combat et deux hélicoptères Fennec, avec des tireurs à bord. Il faut en effet être en mesure de le neutraliser — comprendre : le détruire — s’il devient trop dangereux pour le spatioport.

Des Rafale en Guyane pour sécuriser un tir de fusée très sensible

La présence d’avions Rafale en Guyane est très rare. L’interception revient d’ordinaire aux hélicoptères, avec des tirs de précision, ou par des systèmes impliquant des missiles sol-air. Le centre spatial guyanais est justement armé par des lanceurs Simbad équipés de missiles Mistral, qui ont une portée de quelques kilomètres.

Il s’avère que le prochain lancement de la fusée Ariane 6 contient à bord un satellite militaire dédié à la reconnaissance optique. Par conséquent, l’armée a déployé en Guyane des aéronefs supplémentaires, qui viennent renforcer les moyens classiques, assurant la protection de la base tout au long de l’année, de jour comme de nuit.

Rafale
Un Rafale en manœuvre. // Source : Bernardo Fernandez copado

Ces aéronefs additionnels — on compte trois avions de chasse Rafale, deux avions de transport A400M, un avion de ravitaillement A330 MRTT et un avion-radar de détection et de commandement — représentent donc aussi une excellente opportunité de s’entraîner autrement. Ici, en allant à la rencontre du Cessna avec deux Rafale.

De nombreux exercices d’entraînement, et des missions opérationnelles

D’ailleurs, l’interception de ce petit avion de tourisme est loin de constituer la seule activité qui a mobilisé ces avions stationnant d’ordinaire en métropole. Ces derniers jours, plusieurs autres sorties aériennes ont été organisées, dans le cadre d’exercices pour contrer tout danger immédiat, ou bien pour appuyer des opérations militaires.

Par exemple, le 3e Régiment Étranger d’Infanterie a bénéficié ces jours-ci d’une livraison par air depuis l’un des deux A400M, avec une cargaison récupérée dans un fleuve. Ce même avion a effectué pour la première fois un atterrissage sur piste sommaire dans une région reculée de Guyane, à des fins d’amélioration de soutien logistique.

Pour les activités plus opérationnelles, l’A400M a aussi largué 200 kg de matériel aux soldats de l’armée de terre engagés dans l’opération Harpie — qui vise à lutter contre l’orpaillage illégal dans la forêt équatoriale. L’avion était alors guidé par un avion de transport d’ancienne génération, le CASA CN-235, dont quelques exemplaires demeurent en Guyane.

Les trois Rafale, eux, ont même été projetés avec un A400M aux Antilles, à 1 500 km de la Guyane, pour participer à des entraînements avec les forces armées antillaises, contribuer à la surveillance maritime et lutter contre les trafics de stupéfiants. Une escapade permise aussi en raison du report de quelques jours du vol d’Ariane 6.

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