C’est un numéro d’équilibriste que tentent les États-Unis avec la situation de TikTok. Après avoir sauvé TikTok de justesse en janvier, juste après son investiture, Donald Trump s’apprête à laisser son pays bannir le réseau social ce samedi 5 avril. Son plan : tenter de lui trouver un repreneur américain (ou du moins non chinois). Amazon fait partie des candidats sérieux, mais la Chine n’est pour l’instant pas ouverte au dialogue.
Trump veut rassurer les Américains : il pourrait accorder un délai supplémentaire
Comme rapporté par Reuters, Donald Trump s’est adressé aux journalistes dimanche dernier, en déclarant qu’il y avait « un énorme intérêt pour TikTok ». Mais surtout, le président a indiqué qu’il était prêt à repousser la date limite dans le cas où aucun accord ne serait conclu d’ici là. Il se dit même prêt à négocier avec la Chine pour que celle-ci accepte de discuter : « je leur accorderai peut-être une petite réduction des droits de douane ou quelque chose du genre pour que l’accord soit conclu ». Sauf que, depuis ses déclarations, Donald Trump a annoncé 34 % de droits de douane pour les produits chinois, ce qui n’arrange pas l’entente entre les deux pays.

Son vice-président JD Vance s’est aussi voulu rassurant. Il s’attend à ce que les termes d’un accord soient trouvés d’ici le 5 avril, dans ce qui ressemble à un coup de pression. Reuters note même que « la Maison-Blanche s’est impliquée à un niveau sans précédent dans les négociations de l’accord étroitement surveillé, jouant effectivement le rôle de banque d’investissement ».
De son côté, le New York Post indique que l’administration Trump devrait annoncer un délai de grâce de 30 jours, voire plus, ce qui amènerait la date fatidique au 5 mai prochain au moins.
Si rien ne se passe, TikTok sera fermé samedi aux États-Unis
Ce samedi 5 avril, les dizaines de millions d’Américains qui utilisent TikTok pourraient ne plus pouvoir accéder à l’application. Cela fait des années que TikTok est dans le viseur des autorités américaines. Donald Trump a lui-même tenté de le fermer en 2020, avant d’abandonner la procédure après la défaite à l’élection présidentielle. Sous le mandat de Joe Biden, des enquêtes ont été menées et les parlementaires des deux principaux partis du pays se sont mis d’accord : TikTok représente une menace pour la sécurité nationale.

Le 24 avril 2024, Joe Biden, alors président des États-Unis, a signé une loi : elle contraignait ByteDance (propriétaire de l’application) à vendre son application à une entreprise américaine. Un texte rendu possible par le RESTRICT Act, qui permet de sanctionner des entreprises étrangères, notamment chinoises, en cas de risque pour la sécurité nationale. ByteDance a depuis plusieurs choix :
- Refuser la vente et quitter le marché américain ;
- Accepter la vente et vendre TikTok en entier (tous les marchés dans le monde) ;
- Scinder TikTok en deux : un TikTok américain et un TikTok pour le reste du monde.

Mais depuis, ByteDance n’a montré aucun signe de prise de décision : la société chinoise cherche évidemment à empêcher l’application de cette loi. Et c’est normal : en scindant TikTok en deux, TikTok pourrait perdre jusqu’à 30% de ses revenus et des millions de vidéos. ByteDance argue également que le gouvernement chinois pourrait bloquer un tel accord.
En décembre, ByteDance avait déposé un recours d’urgence auprès de la Cour suprême pour retarder l’application de la loi. Sauf que la Cour suprême avait jugé la loi conforme à la constitution américaine. Le dimanche 19 janvier, la veille de l’investiture, TikTok a été rendu inaccessible durant quelques heures, avant que Donald Trump suspende l’application de la loi pour 75 jours juste après son investiture (une de ses promesses de campagne, après avoir lui-même publié de nombreuses vidéos sur le réseau social). TikTok est réapparu sur les magasins d’application quelques semaines plus tard.
75 jours plus tard, c’est le 5 avril. Si rien ne se passe, TikTok sera de nouveau banni des États-Unis. Un scénario peu probable, alors que Donald Trump tente de faire pression sur la Chine pour la forcer à autoriser la vente de l’application.
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