La DGA a livré ce lundi 2 novembre 2026 à son centre d’essais en vol un Rafale banc d’essais, le B374, qui servira de laboratoire volant au futur Rafale F5. Il remplacera à terme le Rafale B348, que l’armée de l’Air et de l’Espace lui prête sur une longue durée.

En règle générale, c’est pour être prêt à faire la guerre qu’on fabrique un avion de combat. Mais pour le Rafale B374, ce ne sera pas le cas : lui ne partira jamais en mission opérationnelle, car là n’est pas son objectif. Son rôle sera d’être un véritable laboratoire volant destiné à paver la voie au Rafale du futur, avec son standard F5.

Dans un point d’étape partagé ce lundi 2 novembre, la direction générale de l’armement (DGA) a annoncé sur X avoir livré à son centre DGA Essais en vol son premier Rafale banc d’essais, le B374. À terme, la DGA va pouvoir « rendre » à l’armée de l’Air et de l’Espace le Rafale B348 que celle-ci lui prête sur une longue durée.

La DGA dispose ainsi de son propre avion d’essais, et ses ingénieurs n’ont plus besoin d’emprunter un appareil. Le B374 sort directement des chaînes de Dassault Aviation. Il s’agit du 73e et dernier appareil de la quatrième tranche de production, commandée en 2021 à l’avionneur, qui mobilise aussi Thales, Safran et MBDA. Il est livré au standard F4.1, la version du Rafale actuellement en service.

Comme on peut le deviner, et comme le confirme la DGA dans un communiqué, un avion banc d’essais est un avion profondément modifié, équipé de moyens de mesure, d’enregistreurs de données et d’une liaison de données avec les équipes qui suivent les essais au sol. Il n’est pas là pour frapper des cibles, mais pour tester des idées, des équipements, des procédures.

Acheter et tester le matériel des armées fait d’ailleurs partie des missions centrales de la DGA. Pour le Rafale laboratoire, il s’agira de le remplir de capteurs et ainsi vérifier en vol qu’un radar, un armement ou un logiciel fonctionne comme prévu avant qu’on l’installe sur les avions des escadrons qui, eux, sont susceptibles de partir en mission.

Rafale
Source : Département de la défense

Un laboratoire volant qui ne sera complet qu’en 2028

Bien que son rôle soit de préparer l’arrivée du standard F5, le B374 va déjà servir à améliorer l’existant, à savoir le standard actuel F4. Dans un premier temps, il va recevoir une installation d’essais et de mesures réversible, donc démontable, pour soutenir le développement de la norme actuelle. Celle-ci comporte plusieurs échelons (F4.1, F4.2, F4.3…).

Dans un deuxième temps, Dassault reprendra l’avion pour lui appliquer une transformation majeure, qui doit intégrer les interfaces nécessaires à une instrumentation de vol complète et permanente. Ce chantier est prévu vers le deuxième trimestre 2027. Le B374 retrouvera alors la flotte d’essais en 2028, après plusieurs mois de chantier.

À ce moment-là, précise la DGA, l’ordinateur de bord, l’Ensemble modulaire de traitement de l’information (EMTI), tournera sous une version logicielle dite « orange », réservée aux essais. Cette « configuration avancée » servira alors à passer au jalon supérieur, en accueillant les futurs capteurs du Rafale F5.

La direction générale de l’armement mentionne notamment le radar de nouvelle génération RBE2 XG (Radar à Balayage Électronique 2 plans eXtended Generation), encore en développement. À l’heure actuelle, le Rafale s’appuie sur le radar RBE2 AESA (radar à antenne active), monté en série depuis 2012.

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Le Rafale de Dassault // Source : NATO

Le Rafale au standard F5 promet d’être une véritable révolution dans l’histoire de l’avion. Le général Jérôme Bellanger, chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace, parlait même d’une « rupture technologique », lors d’une audition parlementaire en 2025. Il le décrivait d’ailleurs comme un « nouvel avion ».

Le Rafale F5 doit aussi opérer aux côtés de drones de combat, dans le cadre du développement du combat collaboratif et robotisé, et embarquer des fonctions d’intelligence artificielle pour lesquelles Dassault Aviation a misé sur la startup Harmattan AI. L’avionneur français a d’ailleurs fait voler deux IA souveraines à bord d’un Rafale le 22 septembre.

Pour sa part, la DGA présente cette livraison comme une étape dans le renouvellement de la flotte de DGA Essais en vol, qui renforce sa capacité à accompagner le développement du F5. Prochaine étape vers le deuxième trimestre 2027, quand le B374 repartira chez Dassault Aviation pour sa transformation.

Quant au Rafale F5, Dassault Aviation vise une mise en service entre 2033 et 2035, comme l’a indiqué fin août Éric Trappier, son PDG.

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